En temps que designer textile il est important d’être conscient des enjeux du marché d’aujourd’hui et de s’intérresser aux courants de pensée et de création tel que le commerce équitable et le développement durable qui sont deux concepts très présent dans le secteur textile.
Tout d’abord je définirais ces deux concepts, puis je raconterais leur histoire et enfin je donnerais quelques exemples d’entreprise et de salon qui inclusent ceux-ci dans leur démarche.
Définition et historique:
- Commerce équitable_ définition tiré du site ‘artisant du monde’
‘La définition du commerce équitable a été élaborée par les acteurs du Nord et du Sud impliqués dans le commerce équitable et regroupés au sein de FINE, groupe de travail regroupant quatre structures internationales de commerce équitable ( FLO-I : Fair Trade Labelling Organisation International, IFAT, NEWS ! et EFTA ) : « Le commerce équitable est un partenariat commercial fondé sur le dialogue, la transparence et le respect, dont l’objectif est de parvenir à une plus grande équité dans le commerce mondial. Il contribue au développement durable en offrant de meilleurs conditions commerciales et en garantissant les droits des producteurs et des travailleurs marginalisés, tout particulièrement au Sud de la planète. Les organisations du commerce équitable (soutenues par les consommateurs) s’engagent activement à soutenir les producteurs, à sensibiliser l’opinion et à mener campagne en faveur de changements dans les règles et pratiques du commerce international conventionnel.»
Ainsi, un principe du commerce équitable est la garantie donnée aux petits producteurs de commercialiser leurs produits à des prix plus rémunérateurs que les cours mondiaux. C’est également une garantie de relative stabilité des prix et la mise en place de conditions et de délais de paiement, voire des possibilités de préfinancement, qui évitent aux paysans et aux artisans de brader leurs produits ou d’avoir recours à des prêts usuriers. Le prix équitable est négocié. Il doit pouvoir couvrir tous les coûts de production du produit, incluant les coûts environnementaux et sociaux, assurer aux producteurs un niveau de vie décent et une part d’investissement. A titre d’exemple, “Jute Works”, entreprise à but non lucratif du Bengladesh, fournit du travail à 5500 personnes, dont 97% de femmes. Outre les salaires décents, des programmes d’alphabétisation et d’éducation contribuent à développer le sens de l’organisation chez ces femmes et à leur faire prendre conscience de leurs droits. Un prix équitable pour le producteur n’implique pas toujours un prix plus élevé pour le consommateur. A qualité égale, les produits du commerce équitable ne sont pas forcément plus chers.
Les trois dimensions du commerce équitable : économique, éducative et politique
La démarche du commerce équitable va au-delà d’un échange commercial différent permettant une meilleure rémunération des producteurs et par là même, leur développement économique. Elle insiste sur le fait que les organisations de commerce équitable, relayées par les consommateurs, soutiennent les organisations de producteurs, sensibilisent le grand public et mènent des campagnes visant à modifier les règles et les pratiques du commerce international conventionnel. Le commerce équitable recouvre donc trois dimensions, complémentaires et indissociables :
- une dimension socio-économique : des échanges commerciaux équitables et un développement durable,
- une dimension éducative pour d’autres modes de relations commerciales basées sur la confiance et la transparence,
- une dimension politique avec un engagement pour plus de justice dans les règles du commerce international.
Le commerce équitable, une initiative de plus en plus connue et reconnue
La dernière étude du CREDOC pour FINANSOL réalisée en novembre 2003, révèle que 45% des personnes interrogées ont déjà entendu parler du commerce équitable. L’augmentation du nombre de militants s’engageant dans cette démarche atteste du désir de la population de mettre les idées de solidarité et de justice en action. Le développement du commerce équitable suscite l’attention des pouvoirs publics qui ont engagé, dans le cadre de l’Agence Française de Normalisation (AFNOR) un processus de définition du commerce équitable’
- Développement durable_ tiré du site du conseil régional d’isère
‘Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Rapport Brundtland, 1987
- Le développement est un processus conduisant à l’amélioration du bien-être des humains. L’activité économique et le bien-être matériel demeurent essentiels mais la santé, l’éducation, la préservation de l’environnement, l’intégrité culturelle par exemple le sont tout autant.
- L’adjectif durable insiste sur la notion de temps c’est-à-dire pour une amélioration sur le long terme du bien-être de tous.
Le développement durable est conçu comme une rupture avec d’autres modes de développement qui ont conduit, et conduisent encore, à des dégâts sociaux et écologiques considérables, tant au niveau mondial que local.
Pour être durable, le développement doit concilier trois éléments majeurs :
- l’équité sociale,
- la préservation de l’environnement
- l’efficacité économique
Enfin, un projet de développement durable s’appuie nécessairement sur un mode de concertation plus abouti entre la collectivité et ses membres.
La réussite d’une politique passe ainsi par le respect d’exigences de transparence et de participation des citoyens.’
Historique
- Les origines
Dès la fin des années 60, la prise de conscience des problèmes écologiques causés par les activités humaines émerge sur la scène publique. La multiplication d’évènements catastrophiques (marées noires, pluies acides, etc.) révèle la capacité destructrice de l’homme vis-à-vis de son environnement. Ces préoccupations sont rapidement doublées de la montée d’un discours très critique envers la société industrielle basée sur la croissance économique.
La publication du célèbre rapport Halte à la croissance par le Club de Rome en 1972 est l’un des tournants décisifs dans l’émergence du développement durable. Ce travail de chercheurs du MIT (Massachussets Institute of Technology) montre l’incompatibilité entre un système basé sur la croissance éternelle et les limites d’un monde fini, notre planète.
La même année se déroule à Stockholm le sommet des Nations Unies sur l’environnement humain. Pour la première fois au niveau international, des débats ont lieu sur les questions liées à l’environnement et au développement. Si la conférence peut être considérée comme un échec au seul regard des résultats obtenus (peu d’engagements concrets), elle a permis en réalité de poser les bases d’une réflexion sur un autre mode de développement.
- La naissance du concept
Suite au grand mouvement de Stockholm naît le concept d’écodéveloppement (ou développement écologique) qui ne connaîtra malheureusement pas le succès escompté du fait notamment d’un contexte mondial tourné vers les préoccupations nées des deux chocs pétroliers de 1973 et 1979.
Les questions reliant environnement et développement reviennent avec la publication en 1987 du rapport Notre avenir à tous (dit rapport Brundtland du nom de la présidente de la Commission Mondiale sur l’Environnement et le Développement).
Le concept de développement durable est né de la volonté de la CMED de proposer une voie de réconciliation entre le développement économique et les équilibres écologiques. C’est le rapport Brundtland qui propose la définition actuellement utilisée pour le développement durable.
- Le sommet de la terre
1992 est une année charnière en matière de développement durable. Cette année-là se déroule à Rio de Janeiro la conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement plus connu sous le nom de sommet de la Terre.
C’est la plus importante conférence internationale jamais réunie puisqu’elle a rassemblé les représentants de 178 pays. La conférence aboutit à la signature de plusieurs documents :
- des conventions thématiques (changements climatiques et biodiversité)
- des déclarations (non contraignantes) sur les forêts et la désertification
- une déclaration générale
- un plan d’action
Ce sont ces deux derniers documents qui nous intéressent ici.
La Déclaration de Rio propose l’équivalent d’une grille de lecture universelle du développement durable (cf. les 27 principes présentés sur la page le développement durable).
- L’article 1 précise que les êtres humains sont au centre des préoccupations du développement durable.
- L’article 2 insiste sur la nécessité d’une action commune de tous les pays.
- L’article 3 appuie sur la notion de solidarité inter et intra générationnelle c’est-à-dire entre les générations mais aussi entre les groupes sociaux.
- L’article 4 rappelle l’importance de la prise en compte des aspects environnementaux dans le processus de développement.
Le plan d’action se nomme Action 21. C’est un document à vocation opérationnel. Il comporte 40 chapitres et 115 propositions qui doivent guider les décisions à tous les niveaux afin de faire du développement durable une réalité. Il est signé par plus de 150 nations.
Ce plan d’actions est également appelé Agenda 21 (agenda = ce qu’il faut faire ; 21 = pour le 21ème siècle). Son chapitre 28 traite des collectivités locales et les exhorte à mettre en oeuvre un agenda 21 à leur niveau, d’où l’expression “Agenda 21 local”.
- Et depuis
Rio a fixé les voies à suivre. Depuis, l’ONU a mis en place une commission du développement durable chargée de suivre la mise en oeuvre de l’Agenda 21 au niveau mondial.
Parmi les temps forts, on peut retenir la signature en 1997 du protocole de Kyoto qui vise à limiter l’émission des gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique.
En 2002, pour célébrer les 10 ans de la conférence de Rio, s’est déroulé à Johannesburg le sommet mondial du développement durable. Le bilan tiré par les nations de la décennie passée est modeste voire alarmiste dans certains domaines environnementaux (montée du niveau de la mer, déforestation) et en terme de développement humain (pauvreté, faim, accès à l’eau). Le Sommet aboutit à une déclaration où la communauté internationale réitère sa volonté d’agir pour parvenir aux objectifs posés en 1992.
Les Etats sont exhortés à agir mais le plus souvent les mesures réelles restent relativement modestes.
En France
Cela est particulièrement significatif dans notre pays. En effet, la dernière modification de la Constitution en mars 2005 a porté sur la Charte de l’Environnement.
Ce texte énonce dans son article 6 que « les politiques publiques doivent promouvoir un développement durable. A cet effet, elles concilient la protection et la mise en valeur de l’environnement, du développement économique et du progrès social ». Le texte complet est disponible via le lien présent sur la colonne de droite.
Voici une charte signé par diverses entreprises: http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Charte_SignatureA4_cle537e12.pdf